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Non aux Jeux olympiques à Paris !
Appel citoyen contre la candidature de Paris aux JO de 2024

Nous, citoyens et citoyennes, indépendamment de tout engagement politique ou partisan, nous dressons contre la candidature de Paris aux JO 2024. Les villes de Boston, Toronto et Hambourg ont déjà renoncé à leur candidature (Hambourg l’a fait par referendum). La Maire de Rome, en retirant la candidature de sa ville, a dénoncé les « Jeux du béton ».
A Paris, nous sommes certains qu’ils seront aussi ceux de l’argent.
La France n’a pas les moyens de ces Jeux !!

   Les Jeux de l’Argent

Les Jeux Olympiques ont toujours été ruineux pour les villes candidates
• Depuis 1968 le coût des JO a, sauf une seule fois, dépassé les estimations originelles. Les estimations initiales sont systématiquement sous-évaluées pour tenter d’arracher l’adhésion des populations et c’est le cas une fois encore. Depuis les Jeux de Mexico en 1968, le dépassement moyen des jeux d’été est de 167% ! Le stade olympique de Montréal (jeux de 1976) a été payé pendant 30 ans. A Londres le coût a été multiplié par plus de 3, passant de 4,8 prévus à 15 milliards d’euros. Évidemment, le coût retombe sur les contribuables qu’ils soient locaux ou nationaux. Les dépenses pour Rio, initialement chiffrées à 9,5 milliards d’euros, devraient atteindre 33 milliards d’euros. Le stade de Maracana, aujourd’hui laissé à l’abandon, sera remboursé pendant plusieurs siècles, voire un millénaire… Actuellement, l’État de Rio est en faillite, situation précipitée par la Coupe du Monde de football et par le déficit occasionné par les JO, et vient d’être placé sous tutelle. Le budget des JO de Tokyo de 2020 pourrait dépasser les 30 milliards de dollars, soit 4 fois le montant de l’estimation initiale ! Pour Paris, le budget est déjà subrepticement passé de 3,2 à 3,6 milliards d’euros entre le dépôt du deuxième et du troisième volet du dossier de candidature, soit une augmentation de 12,5% – ce qui présage de la suite… Quand on pense qu’Anne Hidalgo avait déclaré, lors d’une visite au Japon, accompagnée de Valérie Pécresse, « Tokyo est un modèle pour Paris » et qu’elle devait « apprendre avec humilité de l’expérience de Tokyo », on tremble…

• Le rapport du Comité Français du Sport International sur lequel la candidature est basée avance des chiffres flous.
Par exemple, il n’y a pas de chiffre pour le coût de la sécurité. L’adjointe au maire de Paris en charge de la sécurité, Colombe Brossel, précise qu’il est encore trop tôt pour en parler : « Il est normal qu’aucune étude n’ait été faite, les moyens de sécurité mobilisés pour l’événement sont conditionnés à la détermination des sites. Si notre dossier est sélectionné, on va rentrer dans un process plus précis, pour l’instant nous sommes trop en amont pour que les choses soient déterminées à ce point. » (Article “les Inrocks” 30 juin 2015)
En bref, on ne sait pas combien ça va coûter donc on ne le compte pas. Quelle est l’honnêteté de ce type de démarche ?

• Très sous-estimée au départ, la facture finale pour la sécurité des JO de Londres en 2012 a finalement presque atteint le milliard de livres (plus de 1,3 milliard d’euros). Pour l’Euro de foot en juillet 2016, 90 000 personnels de sécurité, publics et privés, ont été mobilisés, financés par l’État et les collectivités locales. Dans le contexte actuel où Manuel Valls a expliqué que l’on devrait vivre avec le terrorisme pendant une génération, il faut craindre que le coût de la sécurité n’explose en 2024.

• A l’époque où elle y était opposée, Anne Hidalgo l’a dit elle-même : « Les Jeux, c’est très joli, mais il n’y a pas une ville qui s’y soit retrouvée sur le plan financier » (Le Figaro, février 2015), confirmant sa déclaration antérieure : « Les Jeux ça coûte cher, la candidature coûte cher. Et les Jeux dispendieux, ce n’est plus d’actualité » (Le Figaro du 06/11/2014). Depuis, elle a changé d’avis.

• Les JO bénéficient d’une exonération fiscale totale. En cette période d’austérité et de taxation massive des populations, cette exonération est injustifiable.

   Les Jeux ne seront pas la fête du sport

« La candidature de Paris aux Jeux de 2024 peut être un formidable accélérateur de la pratique sportive, à Paris et dans la métropole » affirme la Ville de Paris. Cette affirmation relève de la communication pure.

• Rien ne prouve que le fait d’avoir un événement sportif d’élite dans son pays augmente la participation sportive des populations. La revue Active People Survey From Sport England a constaté une diminution dans la participation sportive des 16 à 25 ans dans l’année qui a suivi les JO 2012 à Londres. En 2015 la participation a encore baissé.
Pour améliorer la santé et le bien-être des citoyens de tous âges il vaudrait mieux investir dans les équipements sportifs locaux et donner des moyens pour la pratique populaire du sport.

Actuellement un collégien de Seine-Saint-Denis sur deux ne sait pas nager. Ce n’est pas la construction d’une piscine olympique à laquelle ils n’auront pas accès qui y changera quelque chose. D’ailleurs, les parents d’élèves prennent cela comme une provocation, dans une interview réalisée pour le documentaire « la Piste des Éléphants Blancs (Soirée Thema Arte 08/16) ».

Actuellement, l’accessibilité des équipements aux personnes handicapées n’est toujours pas au niveau :l’application de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des chances a été repoussée de 2015 à 2025. Pendant la même période, Paris a été candidate 3 fois déjà. Dans un tel contexte, pourquoi mettre en avant les Jeux paralympiques alors qu’au quotidien les besoins des handicapés sont ignorés ?
Cette année, le budget de la région consacré au sport quotidien a été considérablement réduit, réaffecté en partie aux dépenses olympiques.

   Les Jeux du béton

Les JO vont « Améliorer les équipements sportifs » affirme la Ville de Paris.
• Le budget annuel consacré aux équipements sportifs à Paris est de 45 millions d’euros.
• Le budget actuel des JO (qui sera forcément plus élevé) pour deux semaines de sports d’élite : plus de 6 milliards d’euros ! Combien d’équipements de proximité, de piscines, de stades de taille humaine, de mise en conformité d’équipements publics… pourrait-on mettre en place avec tout cet argent ?
• Les JO détournent l’argent qui pourrait être utilisé pour des projets plus utiles. Si on veut investir pour les équipements publics, les logements, les infrastructures de transport, on peut le faire sans les JO. Et les budgets prévus par la ville de Paris (30 millions pour les places et 8 millions pour les berges) sont minuscules comparés à ceux consacrés aux JO proprement dits : 38 millions est beaucoup moins que le coût de la seule candidature de Paris (60 millions d’euros).
• Déjà, les serres d’Auteuil sont en train d’être sacrifiées au profit de l’extension de Roland-Garros, où se tiendront les épreuves de tennis.

   Les Jeux des Sponsors

Le CIO opère une prise de contrôle totale lors des Jeux. Les villes et États sont mis sous tutelle pendant la durée des Jeux. Ainsi, à Londres en 2012, une loi d’exception a été votée pour organiser une extraterritorialité en faveur des grandes marques, sponsors du CIO (Mac Donald, Visa, Coca-Cola…). Une véritable police de la propriété intellectuelle a été mise en place et des règles drastiques ont été votées spécialement pour garantir la protection commerciale de ces marques. « Le CIO est une ONG de droit privé suisse qui règne sans partage sur les villes et pour lesquelles l’essentiel est l’argent » (Maxime GOLDBAUM, Le Monde du 24/07/12).

   Pourquoi ces Jeux ?

Bien loin d’être festifs, ces Jeux sont une compétition politique et commerciale, contrôlés par les grands sponsors multinationaux, et utilisés par les politiciens pour rehausser leur propre prestige. Partout les élus disent oui alors que les populations protestent :
• Rio (Coupe du monde 2014 et JO 2016) : protestations contre le coût, le déplacement des populations, la corruption, la pollution.

• Tokyo : la construction du grand stade olympique 2020 a été abandonnée quand son coût de 2,8 milliards de dollars a fait scandale au Japon. Le ministre des sports a été contraint à la démission.

• JO d’hiver 2022 à Pékin : les pays démocratiques ont retiré leur candidature, et le CIO avait le choix entre deux dictatures, le Kazakhstan et la Chine. Quelle triste spectacle de voir ces dirigeants chinois danser et hurler parce qu’ils avaient gagné le droit de dépenser des milliards pour quelques jours de ski dans une région qui connaît une grande pénurie d’eau et… où il ne tombe pas de neige.
La pseudo concertation initiée par la ville de Paris n’est qu’un rideau de fumée visant à pallier l’absence de transparence dans ce dossier. Nous ne sommes consultés que sur des détails et seul 1 % du budget est soumis à délibération. Nous ne pouvons être dupes de cette opération de séduction.
Anne Hidalgo y voit un projet « fédérateur ». Nous le considérons profondément archaïque.
Par ailleurs, nous constatons que la candidature est le prétexte à accélérer le projet du Grand Paris, projet lui-même pharaonique, mal pensé, anti-démocratique et anti-écologique. La candidature des JO est totalement imbriquée dans la construction d’infrastructures dédiées non à la satisfaction du besoin des populations mais à celle des grandes entreprises et de certains de leurs projets délirants, comme dans le cas du Triangle de Gonesse.
Nous constatons aussi que les JO sont l’occasion d’une privatisation de l’espace public pour le plus grand profit des entreprises de BTP, pour les équipementiers sportifs, et l’ensemble des grandes entreprises sponsors de Jeux.
Nous constatons que les JO sont l’occasion de détourner les (déjà maigres) budgets publics.
Nous dénonçons le scandale que représente la véritable opération de propagande en direction des enfants des écoles, avec la complicité de l’Éducation nationale, en vue de leur faire avaler l’idéologie de l’olympisme et de la compétition.
Nous dénonçons une opération qui s’inscrit visiblement dans la trop longue tradition consistant à promettre aux foules des Jeux, c’est-à-dire de la distraction de masse, manœuvre politicienne destinée à masquer la réalité des problèmes sociaux actuels sous une flopée de paillettes sportives.
Nous dénonçons enfin les Jeux olympiques tels qu’ils sont, loin du jeu et des activités physiques.
Nous nous engageons à tout faire pour que le CIO sache que la population ne soutient pas la candidature de Paris. Nous soutenons toute initiative des populations contre les Jeux aussi bien à Budapest qu’à Los Angeles.
Nous prenons à témoin l’ensemble des candidats à la présidentielle.
Nous exigeons la tenue d’un référendum puisque les principes minimum de consultation n’ont pas été respectés.
Nous, citoyens et citoyennes, avons la conviction que le temps des grands projets inutiles et imposés est révolu.

MOBILISONS-NOUS SANS ATTENDRE !!!
La ville organisatrice sera désignée par le CIO le 17 Septembre 2017 !